Le résumé essentiel
- Des criques sauvages, accessibles après une marche de vingt minutes, offrent l’essence la plus pure du littoral varois.
- Le patrimoine viticole du Var s’incarne dans des vignobles familiaux ancrés depuis des générations entre Bandol et Bellet.
- Privilégier le printemps ou l’automne permet de profiter du climat méditerranéen sans la foule estivale, durant les mois de avril-mai ou septembre-octobre.
Il fut un temps où les vacances dans le Var se résumaient à une photo ensoleillée: famille en maillot sur la plage, glace à la main, avec en fond une mer turquoise et des collines parfumées de thym. Aujourd’hui, derrière cette image figée, un autre Var se dessine - plus discret, plus lent, plus vrai. Celui des sentiers qui serpentent entre oliviers et roches calcaires, des villages où personne ne crie, des marchés où l’on parle encore provençal entre deux étals de melons jaunes. Ce n’est pas une fuite, c’est une reconnexion. Et c’est précisément là que réside l’âme du département.
Les pépites du littoral et de l'arrière-pays
Entre criques secrètes et villages perchés
Le long de la côte, le littoral varois joue la carte de la lumière et de l’eau limpide. Mais ce n’est pas sur les plages urbaines qu’on trouve le plus d’intensité. C’est en s’éloignant, au détour d’un cap, qu’apparaissent les criques sauvages, accessibles seulement après une marche de vingt minutes sous les pins. Ces petits bouts de paradis, sans parasol ni snack, sont les sanctuaires d’un tourisme respectueux. L’eau y est si claire qu’on devine les cailloux à trois mètres de profondeur. Et chaque crique a son nom oublié, comme un secret transmis entre randonneurs.
Hors des regards, dans l’arrière-pays, les villages perchés tiennent leur rôle depuis des siècles. Entourés de remparts ou adossés à une colline, ils offrent des ruelles étroites où l’ombre est bienvenue, des places ombragées dominées par un platane centenaire, et des églises aux clochers roses. Ici, le temps semble suspendu. On y monte autant pour la vue que pour l’impression de flotter entre ciel et terre.
La nature sauvage du canyon du Verdon
S’il est un lieu qui incarne la puissance brute de la nature dans le Var, c’est bien le canyon du Verdon. Long de plus de vingt kilomètres, taillé dans la pierre calcaire, il forme un gouffre vert émeraude traversé par une rivière limpide. Les randonneurs descendent par le sentier Martel, collés à la paroi, tandis que les grimpeurs s’élèvent le long des falaises verticales. En bas, les kayaks glissent sur l’eau froide, entourés de silence - brisé seulement par le cri des rapaces.
Ce site exceptionnel attire chaque année des milliers de visiteurs. Pourtant, sa préservation reste une priorité. Les accès sont réglementés, les feux interdits, et les déchets sévèrement surveillés. Le respect de l’environnement n’est pas une option ici: c’est une règle de base pour continuer à vivre cette expérience unique.
| Zones touristiques | Ambiance | Activités phares |
|---|---|---|
| Littoral | Balnéaire, animée en été | Baignade, voile, paddle, plongée |
| Arrière-pays | Calme, authentique, culturel | Randonnée, découverte patrimoniale, gastronomie |
| Haut-Var | Sauvage, peu urbanisé | Kayak, escalade, VTT, observation nature |
Vivre l'expérience culturelle et gourmande
Le terroir au fil des vignobles du Var
Le Var est l’un des fleurons de la production rosé française. Mais au-delà de la bouteille servie bien fraîche sur une terrasse, il existe un patrimoine viticole profondément ancré dans le paysage. Entre Bandol et Bellet, les coteaux sont parsemés de vignobles familiaux, souvent exploités depuis plusieurs générations. Ici, on cultive aussi bien le mourvèdre que le cinsault, des cépages locaux qui donnent aux vins une identité marquée par le soleil et la mer.
Les domaines ouvrent régulièrement leurs portes pour des dégustations simples, sans chichi. Pas besoin de jargon: on goûte, on discute, on repart avec une ou deux bouteilles. Cette proximité avec les vignerons fait partie intégrante de l’authenticité provençale, celle qui ne se vend pas, elle se partage.
L'effervescence des marchés locaux
Un matin dans le Var commence souvent par un marché. À Saint-Paul-en-Forêt, à Cotignac ou à Draguignan, les étals explosent de couleurs: tomates rayées, aubergines luisantes, figues fendues par le soleil, herbes aromatiques en bottes serrées. Les odeurs se mélangent - fenouil, basilic, fromage de chèvre frais. On y croise des habitants venus faire leurs courses, mais aussi des touristes curieux, attirés par cette douceur de vivre qui se respire autant qu’elle se mange.
Ces marchés ne sont pas seulement des lieux d’achat: ils sont des points de rencontre, des espaces vivants où les traditions culinaires se transmettent. Un producteur explique comment cuire les haricots tarbais, une boulangère propose une tranche de fougasse aux olives. Chaque interaction raconte un bout du patrimoine vivant du département.
Patrimoine historique et abbayes
Moins spectaculaire que ses paysages, mais tout aussi marquant, le passé religieux du Var laisse des traces fortes. L’abbaye du Thoronet, nichée au cœur d’une vallée isolée, en est l’exemple le plus pur. Fondée au XIIᵉ siècle par les moines cisterciens, cette construction sobre, faite de pierre locale et de lumière naturelle, incarne une spiritualité ascétique et harmonieuse. Aucune décoration superflue, aucun ornement: juste l’essentiel.
Visiter ce lieu, c’est faire une pause dans le bruit du monde. Les guides parlent à voix basse, les pas résonnent doucement sur les dalles. Ce type de monument rappelle que le tourisme peut aussi être introspectif - une invitation à la contemplation plutôt qu’à l’excitation.
Organiser son séjour dans le département varois
Les meilleures périodes pour explorer
Éviter la foule tout en profitant du climat méditerranéen? La réponse tient en deux saisons: le printemps et l’automne. En avril-mai, la nature est en pleine floraison, les températures sont douces, et les chemins sont libres. En septembre-octobre, la mer garde sa chaleur, les vendanges battent leur plein, et l’affluence retombe. Ces périodes offrent un équilibre rare entre confort climatique et tranquillité.
Juillet et août, eux, restent intenses. Si vous devez venir alors, privilégiez les départs tôt le matin, les escapades vers l’arrière-pays, ou les itinéraires moins connus. La clé? Ne pas suivre la masse, mais tracer sa propre route.
Itinéraires et routes touristiques
Le Var se prête à tous les types de voyage. Envie de culture? Empruntez la route des abbayes (Thoronet, Sénanque, Silvacane). Plutôt nature? Optez pour un circuit le long du Verdon ou dans le massif de l’Estérel. Amateur de mer? Explorez la côte rocheuse entre Saint-Tropez et Hyères, en passant par les îles d’Hyères. Et pour les plus actifs, les sentiers balisés comme le GR51 offrent des tracés de plusieurs jours à travers forêts et crêtes.
Pour faciliter ces découvertes, certaines communes proposent désormais des cartes numériques téléchargeables, des audioguides ou même des visites guidées gratuites. Une manière moderne de valoriser un territoire sans en altérer l’âme.
- Chaussures de marche solides pour les sentiers escarpés
- Crème solaire bio et réutilisable pour préserver la mer
- Gourde en inox pour limiter les déchets plastiques
- Carte IGN ou application de randonnée hors ligne
- Appareil photo léger pour capturer les instants sans encombre
Les questions qui reviennent
Peut-on encore trouver des plages tranquilles en plein mois d'août?
Oui, mais il faut savoir sortir des zones les plus fréquentées. Les plages accessibles uniquement à pied, comme celles des caps Taillat ou Camarat, offrent une relative tranquillité même en haute saison. Privilégiez les départs tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter les groupes organisés.
Vaut-il mieux dormir sur la côte ou dans les terres?
Tout dépend du rythme recherché. Sur la côte, l’ambiance est dynamique, proche de la mer, idéale pour les familles. Dans les terres, le calme règne, les nuits sont paisibles, et l’immersion dans la nature plus profonde. Beaucoup optent pour un compromis: quelques nuits en bord de mer, complétées par un séjour dans un village perché.
Quelle alternative existe-t-il aux Gorges du Verdon pour la baignade?
Les lacs de l’arrière-pays, comme celui de Sainte-Croix ou de Bauduen, offrent des eaux claires et des espaces plus larges pour se baigner. Moins vertigineux que le Verdon, ils permettent aussi des activités variées: bateau, pédalo, baignade en famille. Certains coins isolés du lac de Carcès ou du barrage de Pouloup sont encore peu connus.
Le cyclotourisme est-il en train de changer la donne dans le Var?
Oui, progressivement. Des voies vertes sécurisées se développent, notamment le long de l’ancienne voie ferrée entre Le Luc et Roquebrune-sur-Argens. De plus en plus de loueurs proposent des vélos électriques adaptés aux reliefs, facilitant l’accès aux villages perchés. Ce mode de découverte douce gagne du terrain.